ALCOOLISME / DEPENDANCE A L'ALCOOL De nombreuses drogues sont issues des plantes et constituent des molécules complexes. Paradoxalement, l’alcool n’est pas un alcaloïde mais une molécule simple, produite par la décomposition et la fermentation de sucres contenus dans les fruits. Ce qui explique d’ailleurs que l’alcool existe depuis qu’il y a des peuples sédentarisés. C’est donc un produit psychoactif naturel, basique et abordable. Tout au long de l’histoire, tout ou partie de notre société a donc considéré que l’alcool était un produit qui redonnait des forces et favorisait les contacts. En cela, il est l’ancêtre officiel et légal des amphétamines et de l’ecstasy, d’où peut-être son succès. Consommation et alcoolisme – Quelques chiffres et constats - En France,
la consommation moyenne pour les plus de 15 ans est de 19 litres par an
et par personne.
Substances psychoactives Psychotrope : un psychotrope est un produit qui modifie le fonctionnement psychique en agissant sur les cellules du système nerveux central en produisant différents effets : sont modifiés ou altérés, le fonctionnement mental, entraînant des changements dans les perceptions, l’humeur, la conscience, le comportement et diverses fonctions psychologiques et organiques. Drogue : il s’agit de toute substance, autre que les aliments, qui est absorbée pour modifier la façon dont le corps ou l'esprit fonctionne. (Santé Canada) Selon leur
effet sur le système central, les psychotropes sont classés
dans trois catégories :
Les substances psychoactives :
Effets psychoactifs : Les effets recherchés et obtenus
par la consommation d’alcool sont différents selon les quantités
et l’individu qui les absorbe. L’action psychoactive va agir sur le psychisme
et par voie de conséquence sur les comportements :
Rapports à l’alcool On peut définir 4 catégories de rapport établis avec l’alcool : 1) L’appétence : il s’agit du goût de l’homme pour l’alcool, attirance culturelle pour ses ‘pseudo-vertus’ (effets psychoactif : tonifiante, euphorisante, desinhibantes…). L’appétence concerne donc les avantages supposés plutôt que les plaisirs sensoriels (goût, odorat, …). 2) Tolérance : la tolérance est le rapport entre quantités absorbées et effets produits. Naturellement, à force d’une utilisation régulière, le corps s’habitue aux effets du produit. Cela a pour conséquences fréquentes l’augmentation des quantités et l’émergence du phénomène de dépendance. 3) L’accoutumance : il s’agit d’un phénomène qui se met en place dans un deuxième temps, d’où sa perversité : l’alcool devient nécessaire à l’équilibre, la tolérance augmente ce qui provoque une augmentation des doses. Il y a peu de signes d’ivresses : le consommateur se pose donc peu de questions. 4) La dépendance : largement définie dans ces pages, elle est constituée par un perte de liberté, impossibilité de s’abstenir (manque, syndrôme de sevrage), dépendance globale (physique et psychique). Cette addiction entraîne le craving (impulsions, impossibilité de se soustraire au manque et à l’habitude, sensibilisation psycho-physiologique réflexe) ainsi qu’une déterioration psycho-sociale, centration sur le problème, envahissement et changement identitaire… Comportements et alcool De nombreuses personnes consomment régulièrement de l’alcool sans que cela ne remette en cause leur équilibre. Pour 5 à 10% de la population, c’est plus difficile. Voici un panel des comportements relatifs à l’alcool, du non-consommateur à la pathologie addictive : w Les non-consommateurs : ne pas consommer d’alcool peut indiquer que la personne n’y voit pas de goût ou d’intérêt ou qu’elle établit un auto-contrôle, plus problématique, car dans ce domaine, plus il y aura contrôle, plus il y aura… perte de contrôle. w Les consommateurs sociaux : ils répondent à une norme sociale. Cette partie des consommateurs diminue, car consommer de l’alcool est de moins en moins une obligation relationnelle ou sociale. w Les consommateurs à risques : ils consomment de manière chronique ou de manière festive (week-end systématiques…). Les risques sont divers, pour la santé de manière globale, à long terme ou dans certaines situations (conduite, travail, …) qui nécessitent une vigilance adaptée. w Les consommateurs « usage nocif ou abus » : L’abus (DSM-IV) ou l’usage nocif (CIM 10), est caractérisé par une consommation répétée susceptible d’induire des dommages au niveau somatique, psychoaffectif et social. Les personnes appartenant à ce groupe sont susceptible d’évoluer vers la dépendance. CRITERES DE L’ABUS SELON DSM-IV (1991)
Le questionnaire
DETA permet d’évaluer les consommateurs « usage nocif ou abus
» :
w
Les dépendants (ou addicts) : La
personne dépendante est dans l'impossibilité de résister
aux impulsions vers l’alcool. Elle a perdu la liberté de s’abstenir
de consommer de l’alcool (Fouquet, 1951)
La dépendance
peut être définie par deux dimensions présentes à
des degrés divers selon l’individu, degrés qu’il faudra évaluer
:
Elargissement du champ des addictions En observant les dépendances, à la lumière entre autres du jeu pathologique, et de la prépondérance de la dépendance psychologique sur la dépendance physique dans la résolution d'un trouble, on a pu remarquer que l'addiction ne concernait pas nécessairement un produit, mais plutôt une conduite, un comportement (Otto Fenichel, 1945). Le sujet devient dépendant d’une expérience, plus que du vecteur utilisé (jeu, alcool…). La première expérience est agréable, mais c’est la répétition d’une routine comportementale qui apporte la réassurance, calme les angoisses… Le terme d’ "addiction" s’entend donc au sens large, englobant les toxicomanies mais aussi d’autres dépendances (jeu, vol, achat, travail, sexe, …) que l'on a parfois nommées "toxicomanies sans drogues". Cet élargissement est d’ailleurs révélé et justifié par le pourcentage important de personnes qui passent de l'un à l'autre (ou bien qui présentent plusieurs dépendances, à un psychotrope et à un comportement en même temps). Cela n’enlève bien entendu rien à l’importance des toxicomanies aux drogues, à l’alcool et à leurs conséquences désastreuses. Il s’agit de préciser le processus de dépendance, en le déplaçant du produit vers le sujet et ses conduites pour mieux pouvoir l’appréhender et le remettre en cause. La définition par Goodman du sujet addict semble alors la plus proche de la réalité des troubles : "toute personne dont l'existence entière et tournée vers la recherche des effets produits sur son corps et son esprit par une substance plus ou moins toxique (drogue tolérée, interdite ou prescrite) ou une conduite (jeu, conduite alimentaire, achat...), sous peine d'éprouver un intense malaise physique et/oupsychologique." Cette citation est également
pertinente :
Plus que le produit "alcool", la personne dépendante est plutôt définie par l'impossibilité de résister aux impulsions vers le comportement qui est ici de consommer une substance. "ce ne sont pas les substances mais bien nos comportements face à ces substances qui font que leur consommation nous fasse ou non du bien, nous rende malade ou non." I. Pelc On peut voir
trois phases dans le phénomène de l'addiction :
Echelle générale de dépendance On peut déduire des éléments ci-dessous un test général de dépendance, adapté également à l'alcool. Test (Cungi/Retz)
Test d'addiction à l'alcool
Faites le total de vos points. Si vous avez un total de 4 ou plus, la probabilité d'une dépendance à l'alcool est de 80% Avantages et inconvénients Tout phénomène d'addiction ou de compulsion est construit sur le principe d'intention positive : une partie du sujet (la plupart du temps plus ou moins inconsciente) trouve des avantages à consommer le produit ou réaliser le comportement. Sans ces avantages, l'équilibre du sujet (même s'il est dysfonctionnel et inadapté) serait remis en cause. Voici un tableau des avantages et inconvénients :
On constate que les avantages sont à court terme et les inconvénients à long terme. Le rapport au temps de la personnalité addictive dans son immédiateté est certainement un point important dans la remise en cause de la dépendance. Recadrage des postulats sur la dépendance à l'alcool Voici une remise en cause du modèle
d'intervention assez fréquent de la dépendance à l'alcool,
participant, entre autres, à la non-résolution du trouble.
La tableau ci-dessus reprend des éléments assez généralement constatés dans l’approche de l’alcoolisme et met en parallèle le recadrage opéré par les thérapies d’inspiration ericksoniennes (systémique, thérapie orientée solutions, PNL…). Il ne s’agit pas ici de constater une querelle d’école, mais de dégager les postulats et processus adaptés à la guérison de la dépendance. De même, il ne s’agit pas ici de remettre en cause l’importante de la difficulté ou la souffrance liée au trouble mais de mettre en place les perceptions favorisant la résolution du problème. Auto et Hétéro-sabotage
Cette programmation sociale, culturelle et médicale est certes caricaturale, mais il paraît difficile de guérir en présentant ce type de prédictions qui possèdent entre autres la particularité d’être auto-réalisantes et participent au trouble (ou peut-être même en font partie, d’un point de vue psycho-social). Car guérir de l’alcoolisme, c’est assez simplement d’un point de vue théorique, ne plus être dépendant : à peu de chose près tout l’opposé des concepts exposés plus haut. Il est à noter au cas où ces diverses croyances ne suffiraient pas, que le sujet peut être amené à participer chaque semaine à des réunions ou il rappelle à tout le monde (et à lui-même) qu’il est alcoolique et l’effet de groupe aidant, renforce le programme à volonté : « Bonjour, je m’appelle Michel, je suis alcoolique… abstinent depuis 15 ans ». L’alcoolisme est la dépendance ou cette démarche d’inspiration judéo-chrétienne est la plus présente. Certains esprits pourront d’ailleurs envisager qu’il y ait un rapport avec le fait que ce soit également la dépendance dont on se sort le plus difficilement. Recadrage Afin de rendre le changement possible, il est donc souvent nécessaire de recadrer la perception par l’individu de son problème (ainsi que celle de celles de son entourage si nécessaire et possible). Décoller les étiquettes Nous vivons tous des événements de vie auxquels nous nous adaptons tant bien que mal avec les moyens que ‘on possède sur le moment. La dépendance ne doit pas être considérée comme une maladie mais comme un moyen utilisé par le sujet pour s’adapter à ce qu’il rencontre. Un trouble étant une stratégie d’adaptation, l’alcoolisme n’a pas à être considéré comme une maladie. De même, il n’est pas question de génétique ou d’hérédité ou de personnalité toxicomane. Travailler avec la partie qui met en place la consommation adaptative d’alcool. L’alcool participe ainsi d’une stratégie d’adaptation. Il y a donc une intention positive à l’origine (le sujet fait au mieux pour être bien avec les ressources qu’il possède à un moment donné). Considérer cette partie comme fautive ou comme un démon intérieur revient à nier cette partie, son intention positive et ainsi à condamner la mise en place de nouvelles solutions adaptées au bien-être et respectant l’écologie du sujet. Si on supprime cette partie, on supprime l’alcool effectivement mais aussi l’adaptation qu’elle permettait (bien-être, sociabilité, confiance, …). Il s’agit donc de travailler avec cette partie mettant en place la consommation adaptative d’alcool, en respectant ses aspirations, ses intentions mais également en lui permettant de mettre en place d’autres manières d’y accéder (d’autres moyens d’être dans le bien-être, sociable, confiant…) Une banane se mangeant par les deux
bouts, on peut parallèlement s’attacher à remettre en cause
les éléments du processus qui nuisent au bien-être
et rendent l’adaptation nécessaire (être bien, sociable, confiant…
sans alcool).
Pouvoir et autonomie donnés au client En fonction de postulats prévalents énoncés plus haut, la personne dépendante à l’alcool se trouve souvent placée en situation de victime de quelque chose qui la dépasse et donc sans ressources ou solutions personnelles. Redonner pouvoir et autonomie au sujet constitue donc un élément fondateur de la résolution du problème. FACTEURS ET AXES DE TRAVAIL Pluralité de la dépendance à l’alcool L’addiction peut prendre schématiquement différentes formes qu’il convient d’identifier afin de ne pas se tromper de cible et de mettre en place des outils adaptés. - Addiction à l’alcool : elle représente une consommation régulière, à la manière d’un style de vie, jusqu’à l’installation de la dépendance. Ceci correspond plus à la définition de l’OMS (lire plus haut). Elle est teintée de routine, d’habitude, l’ivresse aigue n’est pas nécessairement recherchée. La démarche est plutôt teintée d’évitement du danger, de peu d’attirance pour la nouveauté et de dépendance à la récompense (Cloninger). - Addiction à l’ivresse : elle représente une recherche de sensations, recherche d’ivresse aigue avec perte de contrôle et correspond plus aux critères de l’addiction selon Goodman (lire plus haut). Elle est teintée d’impulsivité, de recherche de plaisir, de goût pour la transgression…, souvent accompagnée de tendances antisociales. Selon les critères de Cloninger, ce type d’addiction se caractérise par une forte recherche de la nouveauté, un bas niveau d’évitement du danger ainsi qu’une faible senisibilité à al récompense. On peut rapprocher ce type de dépendance à l’alcool de la dépendance au jeu ou de la toxicomanie. Après une première période de consommation excessive et souvent précoce, la dépendance s’installe. L’addiction est moins due à la consommation excessive qu’aux conséquences de différents stress (difficulté du sevrage, difficultés familiales, psycho-sociales…) Un autre critère à
prendre en compte est la nature primaire ou secondaire de la dépendance
par rapport à une problématique psychologique. Les
difficultés sont elles à l’origine ou bien conséquentes
de la dépendance à l’alcool. On peut noter également
qu’il peut y avoir balancement entre deux modes, états dépressifs,
anxieux et autres étant tour à tour causes et effets de l’addiction.
Avec cette bipolarité, la dépendance à l’alcool présente
des similitudes dans sa structure avec la maniaco-dépression. Ce
balancement structurel participe à la remise en cause du trouble.
Alcool et dépression 98% des personnes dépendantes à l’alcool présentent à un moment de leur existence des symptômes dépressifs. Le rapport est plus sensible chez les femmes et associé plutôt à une prise d’alcool excessive qu’à une consommation régulière. Le principal élément de l’association alcool-dépression est un taux de tentative de suicide de 70% sur l’ensemble de la vie (National Longitudinal Alcohol Epidemiologic Survey) Selon les théories, la consommation d'alcool a été liée à la dépression, en tant que cause possible ou en tant que symptôme (ou les deux). Dans le premier cas, la dépression s’installe au fur et à mesure de l’histoire alcoolique et des difficultés qui surviennent. La dépendance alcoolique est ici primaire. Dans le deuxième cas, l’alcool constitue une sorte d’auto-médication de l’état dépressif. Elle est compensatoire, secondaire. L’alcool a donc une vocation ambigue, à la fois dépressogène et anti-dépresseur. Au delà de sa nature primaire ou secondaire, l'important est de reconnaître la participation d'un état dépressif ou de symptômes de type dépressif au processus de nombreuses dépendances à l'alcool et d'en tenir compte dans la remise en cause de l'addiction. Défaut d'adaptation aux facteurs de stress La dépendance est une stratégie d'adaptation même si elle se révèle inadaptée et dysfonctionnelle. L'individu vit des demandes d'adaptation sous la forme de stresseurs. Chocs, événements de vie, stress chronique... sont autant d'élément qui participent à la construction de la réponse adaptative qu'est l'alcool. En cela, ils participent au trouble addictif. On peut relever différents facteurs de stress : 1. Les chocs
: « traumatismes créant une perturbation dans l’organisme
»
2. Les passages
: changements dans la vie de l’individu ayant un caractère social
ou psychologique. L’individu doit composer avec une image de lui-même,
un domaine
3. Hyper-stimulation
ou hypo-stimulation : l’individu est sollicité à outrance
dans différents contextes, ou au contraire délaissé.
Situation du cercle vicieux : risques de chronicisation, dysharmonie latente
du sujet avec les autres et son environnement.
4. Facteurs
événementiels : des événements, même
s’ils sont heureux ou du moins prévisibles sont des agents stressants.
5. Le sujet
et son environnement : les facteurs environnementaux peuvent également
être cause de stress.
L'examen des facteurs de stress sont
autant d'occasion de résolution de problèmes, en mettant
en place des stratégies de gestion du stress adaptées afin
que l'"outil alcool" ne soit plus nécessaire ou unique.
Alcool et trouble des conduites Présent chez 10% des jeunes en fluctuant selon le sexe, le trouble des conduites, s'il disparait à l'age adulte n'en provoque pas moins un processus générant nombres d'addictions, cercle vicieux entraînant prise d'alcool, développement des comportements anti sociaux, développement du trouble des conduites etc...
Schéma récapitulatif :
Alcool et stress post traumatique
Voici un tableau non exhaustif des événements pouvant être à l'origine d'un stress post traumatique :
L'alcool a souvent une vocation anxyolitique. le but de la consomation est d'atténuer la souffrance, violence physique ou sexuelle, cruauté, harcèlement jouent un rôle prépondérant dans une dépendance à l'alcool qui prend alors une origine traumatique et correspond à une stratégie d'adaptation. Il conviendra alors de permettre à la personne de créer d'autres stratégies d'adaptation qui rendent l'usage de l'alcool non nécessaire : traitement traumatique, recadrage des situations traumatiques, développement de la force intérieure etc... Recherche de sensations Le trait de personnalité “ recherche de sensations ” se définit comme “ la recherche de sensations et d’expériences variées, complexes et intenses et la volonté de prendre des risques physiques, sociaux, juridiques et financiers pour vivre ces expériences ” (Zuckerman, 1994, p.27). Zuckerman a développé cette notion, rencontrée dans nombre de dépendances et qui nécessairement participe au développement d’une part des addictions. Des études ont démontré un rapport entre recherche impulsive de sensation et dépendance. La recherche de sensation peut se manifester à travers différents traits : - La recherche de plaisir - La recherche de danger et d’aventure : attrait pour des activités dangereuses, productrices d’adrénaline. - La recherche d’expériences : attrait pour des expériences nouvelles, peu traditionnelles, voire transgressives ou illégales. - La recherche de stimulations : seuil d’activation plus haut que la moyenne qui nécessite donc d’en « faire plus » pour un même résultat. - La recherche d’occupations : susceptibilité à l’ennui, intolérance à ce qui est routinier, monotone, intolérance à l’ennui, au vide. - La recherche d’un état désinhibé : désinhibition festive, sociale, sexuelle etc… Il est à noter que les hommes dépendants à l'alcool sont plutôt en recherche de danger et d'expériences nouvelles, les femmes de désinhibition. Cette recherche de sensation est entre autres à mettre en rapport avec une alcoolisation précoce. Ces aspects mettent en relation dépendance et trouble du contrôle des impulsions. Les motivations à la recherche
de sensations peuvent être de type « compensation » ou
« évitement ». voic quelques items en forme d’exemple
:
(Tableau extrait de Déterminants psychosociologiques de la prise de risque Coordinatrice : Christine Le Scanff Équipe émergente “Conduites à risque et prévention”, UFR STAPS Reims) Pour le document complet, cliquez ICI
Contrôle interne, externe et ambiguïté Le métaprogramme « contrôle interne ou externe » indique ou se trouve pour la personne le centre de contrôle de la réalité : en soi ou à l’extérieur. - Le sujet contrôle interne
considère les événements comme dépendants de
lui : «Ma réussite dépend de moi».
Dans le domaine de la thérapie, le metaprogramme dominant recherché est souvent le contrôle interne, correspondant à des données du type autonomie, initiative, capacité de choix (sans bien sur entrer dans ce que l’on nomme illusion de contrôle)… Un contrôle externe dominant, implique un comportement dépendant. Dans le cadre de la dépendance à l’alcool, le lieu de contrôle est extrêmement ambigu. Le discours témoigne d’un lieu de contrôle interne alors que les comportements révèlent un lieu de contrôle externe. Les déclarations se fondent sur un idéal, correspondant aux croyances et critères sociaux (être responsable, gérer sa vie, contrôler ses émotions et envies etc…), discours officiel désapproprié. Le comportement s’inscrit dans une réalité à l’extrême inverse. Le lieu de contrôle interne n’est pas une réalité envisageable, mais un idéal inaccessible que le sujet affirme pourtant. Faire le tri entre idéal et réalité est un élément important qui permet de mettre en place un niveau de contrôle intermédiaire que le sujet peut s’approprier et mettre en application. Conditionnement psycho-social "Au cours des dernières années,
de nombreuses études ont été consacrées aux
facteurs de risques qui sont à la base de l'abus d'alcool. Mais
une attention insuffisante a été accordée aux 'facteurs
protecteurs' qui jouent un rôle auto-régulateur dans toute
société par rapport à la consommation et à
l'abus d'alcool. [...] Des études récentes effectuées
par les chercheurs de l'Osservatorio (Osservatorio Permanente sui Giovani
e l’Alcool à Rome) ont démontré que la consommation
d'alcool chez les jeunes est conditionnée à un niveau extrême
par l'environnement culturel, par l'organisation socio-économique
et par les représentations symboliques des différents types
de produits alcoolisés, qui font référence aux modèles
culturels."
Cet axe sera développé
ultérieurement
Croyances, idées reçues Avant d’approfondir, voici un panorama des idées les plus répandues, croyances qu’il convient de remettre en question : "Boire réchauffe le corps"
"L'alcool rend courageux"
"L'alcool est un stimulant sexuel"
"L'alcool donne de la force"
"L’activité physique me permet
d’éliminer l’alcool"
"L'alcool ne fait pas grossir"
"Au lendemain d’une ivresse, il faut
boire"
"Coupé avec de l'eau, l’effet
de l'alcool est moins important"
Personnalité dépendante La personnalité dépendante
se manifestera par :
Le DSMIV a définit la personnalité
dépendante d'un point de vue clinique (discutable mais fournissant
des éléments d'information) :
Dans la thérapie de la dépendance à l'alcool, apparaissent fréquemment forte dépendance inter-relationnelle, faible estime de soi et donc besoin de réassurance, peur de déplaire, de faire des erreurs et donc de choisir, difficulté à évoluer en dehors du système familial,… La remise en cause de l'addiction passe entre autres par la résolution de ces différents points et à l'acquisition des compétences qui correspondent : avoir la capacité de choisir, prendre ses responsabilités, exprimer son désaccord, s'affirmer, avoir confiance en soi, ... Défaut d’expression émotionnelle - Alexithymie Le terme barbare d"alexithymie (du grec « alpha » – privatif ; « lexis » : mot ; « thymos » : humeur) a été créé en 1973 par Sifneos pour désigner les difficultés dans l’expression verbales des émotions. Comparativement à la population générale, les personnes dépendantes à l'alcool présentent une proportion plus importante de ce phénomène : - Difficulté pour communiquer
verbalement les émotions
On voit là l'intérêt
immédiat qui peut être trouvé dans l'alcool (développer
la vie fantasmatique, se desinhiber socialement et dans son expression
émotionnelle, ...). Les compétences émotionnelles
(identifier puis exprimer ses émotions), le "déblocage" de
la vie imaginaire sont autant d'atouts dans la remise en cause du trouble.
Article en cours de rédaction
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